Comment les punaises se reproduisent-elles?

Hamelin Hygiène Reproduction des punaises de lit

Accouplement particulier pour les punaises de lit

reproduction punaise de lit paris

Cette forme d’insémination est rare mais a été retenue au cours de l’évolution, notamment chez les invertébrés tels que les Acanthocéphales ou certains Oxyures (Chabaud et al., 1983). L’insémination ne s'effectue pas par introduction du sperme dans les voies génitales de la femelle, mais par injection de celui-ci en perçant la cuticule abdominale soit directement dans l'hémocœle, soit dans des organes secondairement développés à cet effet et sans liaison avec les voies génitales, qui ne sont atteintes qu'ultérieurement. On réserve à ces phénomènes le nom d'insémination extragénitale traumatique étudié par Carayon en 1966 chez les Cimicidés et certaines familles voisines des punaises.

Cette pratique est lourde de conséquences : la copulation avec de multiples partenaires diminue l’espérance de vie des femelles de 24 à 30 %. 

 

L'insémination des punaises de lit

Les punaises de lit mâles bénéficiraient de multiples inséminations en raison de la préséance du dernier mâle ayant inséminé la femelle (le sperme du dernier mâle à inséminer une femelle a plus de chance de fertiliser ses œufs)

Les femelles par contre, à la suite de multiples inséminations, subissent une réduction non négligeable de leur espérance de vie et de leur fertilité si l’insémination a lieu en dehors du système reproducteur paragénital.

Les femelles à jeun montrent un comportement particulier qui peut être interprété comme une « posture de refus » envers de potentiels partenaires. Elles contractent leur abdomen de façon à empêcher tout accès au mâle. Cependant, les mâles semblent être attirés par les femelles ayant très récemment pris un repas sanguin et qui après ne sont pas capables d’accomplir cette posture. De la même façon, un mâle tout récemment gorgé ne sera pas capable de monter une femelle, ne pouvant pas se plier sous elle. 

Après la monte, le mâle se plie contre sa partenaire et sonde l’abdomen avec son paramère qui possède des chémorécepteurs. Ce n’est qu’après cette séquence qu’il décide de copuler ou d’abandonner.

 

Qu’est-ce qui attire les mâles lors de la copulation ? 

La copulation est étroitement associée à la prise de nourriture chez ces insectes puisque se gorger de sang est l’élément qui permet une augmentation de la taille du corps et que les mâles sont attirés par tout ce qui est large pour satisfaire leurs envies sexuelles.

Le mâle ne cherche pas un partenaire sur de longues distances, il monte tout congénère récemment gorgé à proximité, qu’il soit mâle ou femelle. 

Siva et Jothy en 2006 l’ont prouvé par des expériences provoquant une distension abdominale réelle (par la prise d’un repas sanguin) ou artificielle (air).

 

Les punaises de lit femelles

Les femelles doivent absolument se nourrir, ce qui signifie qu’il y aura toujours des périodes où celles-ci ne pourront pas refuser l’accouplement. Les mâles exploitent cette situation et l’emportent sur la résistance des femelles.

Les punaises de lit sur le terrain ont toujours été trouvées avec un sex ratio de 1, qui apparaît dans les groupes de tous âges, à jeûn ou non, s’étant accouplés ou non.

Il a été présumé que les femelles ne peuvent pas éviter les mâles et les lésions causées par les multiples inséminations traumatiques parce que le sex-ratio n’est pas biaisé en faveur des femelles au départ (Reinhardt et Siva-Jothy, 2007).
Pfiester en 2007 et 2009 a tenté de savoir si les femelles pouvaient résoudre les conflits sexuels en étudiant les comportements de dispersion ou de regroupement. 

En plaçant des femelles venant de prendre un repas de sang dans des arènes avec différents sex-ratio et densités, cette équipe a observé que les femelles sont les championnes de la dissémination puisqu'elles quittent le groupe avec un taux bien plus élevé que les mâles au fur et à mesure que la population se densifie.

Cette dispersion des femelles se produit après au moins un accouplement et les femelles sont capables de déposer des œufs loin des centres de population où les juvéniles peuvent commencer à former de nouveaux groupes avec les femelles. En plus d’augmenter les chances de survie et de reproduction individuelles des femelles, cette capacité de dispersion des femelles hors des groupes en réponse à l’insémination traumatique est également bénéfique à la population dans son ensemble en tant que mécanisme permettant la découverte et l’exploitation de nouveaux milieux et ressources et évitant la surexploitation d’un hôte.

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